Accueil Commission scientifique Stage Bio juillet 2008

Le club

dscn3055.jpg

Divers

Stage Bio juillet 2008 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Marlière Pierre   
Lever à 5h30 et 2 bonnes heures de routes en perspective. On ne recule devant aucun sacrifice pour les stages de la commission scientifique.
Après les retrouvailles avec les fondus qui sont déjà venus plonger la veille – si j’avais pu, je serais venu aussi- et les formalités administratives, vient le briefing traditionnel sur le programme du week-end, les sites de plongée (Anna Jacobapolder, Vuilnisbelt et Oesterdam), les consignes de sécurité, les consignes sur le camping …

Elysie verte – Anna Jacobapolder – 05/07/2008
Ensuite, formation des groupes qu’il faut remanier en fonction des absents.
Trois niveaux sont proposés.
 
Le « niveau 1 » s’adresse à ceux qui découvrent la Zélande, ou qui ont décidé de la redécouvrir sous un autre angle.
L’objectif est d’apprendre à voir et à reconnaître les espèces courantes de nos « eaux habituelles » et le b-a-ba de leur biologie.
 
Le « niveau 2 » s’adresse à ceux qui ont déjà certaines bases et va un peu plus loin dans les mêmes objectifs.
 
Le « niveau 3 » cherche à perfectionner en bio des plongeurs qui ont une déjà des connaissances pratiques couvrant les espèces de bases de la Zélande et à leur faire
découvrir des techniques d’observation.
 
Pour les niveaux 1 et 2, le programme consiste en des plongées peu profondes qui font l’objet de debriefing poussés d’abord par palanquée, puis par groupe, sur les observations effectuées et sur les interactions entre les différents acteurs de la faune et flore. Sans vraiment s’en rendre compte, on acquiert ainsi des notions de biologie générale.
Les niveaux 3 se voient proposer de tester 3 techniques d’observation de la faune et flore marine : isobathes, « corde » et quadra.
 

Une pointe à 4.4 m … pour rattraper l’ardoise qui aura une fâcheuse tendance à se barrer pendant tout le weekend. 
La technique de l’isobathe est la plus facile à mettre en oeuvre : il suffit de se promener à profondeur constante, un oeil rivé sur le profondimètre, et de noter ce qu’on voit sur une grande ardoise.
Avec cette technique, nous nous proposions de comparer la diversité des espèces observées à -3 m et -10 m. 
 

15 espèces différentes observées et identifiées sur un carré de 30 cm x 30 cm. Algues, Bernard l’ermite couverts d’hydractinies, gobies, cérianthes … sont vite découverts. En lumière rasante, on repèrera aussi des crevettes, soles, vers et mollusques enfouis dans le sable 
La technique du quadrant a été fort appréciée. Elle consiste à plonger avec un cadre carré lesté et divisés en quadrilatères de 10 x 10 cm que l’on pose sur le fonds.
On note alors les différentes espèces observées sur une surface donnée, 10 x 10, 30 x 30, … Nous l’avons utilisée pour comparer la faune et flore de fonds de différente nature (roche, sable, sable + vase, vase)

 
Pas de photos des cordes : pas facile de gérer le matos, la corde et l’appareil photo. Mais voici le banc de tacauds.
La technique des cordes ne va pas sans mal. Elle consiste à attacher à un point fixe et dérouler sous l’eau deux cordes parallèles de 20 m. Le champ d’observation est la surface encadrée par ces deux cordes. Nous l’utilisions pour effectuer des relevés sur une profondeur variable. Notre prestation semble avoir intéressé de nombreux plongeurs et de non moins nombreux tacauds. Pas tellement qu’ils jugeaient bon de nous surveiller, mais il est probable que les cordes soulevaient de la nourriture.
  
Les différents relevés effectués n’ont aucune prétention scientifique : nous n’effectuons que quelques plongées (3 plongées x 4 palanquées = 12), les observateurs sont de niveaux différents, pas d’étalement dans le temps, … nos observations sont bien loin de constituer une base statistique suffisante.
 
Il est amusant de constater que les observations se recoupent et nous amènent malgré tout à formuler des conclusions :
 

 Botrylle étoilé – Anna Jacobapolder – 05/07/2008
- ça grouille de vie à - 3 m … et c’est plus diversifié qu’à - 10 m
- la vie sur le sable vaut celle sur les rochers. Si elle est souvent moins spectaculaire, on y voit des choses très sympathiques dès qu’on prend le temps de s’y arrêter (bernard-l’ermite, poissons plats, vers, cérianthes, bivalves, …)
- c’est pas facile de plonger avec une double corde d’alpiniste, une ardoise, son matos (bien oui, tout de même), un appareil photo, la dragonne, … et les vagues qui tapent un peu … Par sécurité la corde restera d’ailleurs sur le bord pendant une des plongées.
- la faune et flore changent régulièrement : des espèces abondantes il y a seulement quelques années ne presque pas observées (étrilles, chaline, …)
D’autres qui nous faisaient battre des mains il y a quelques mois sont maintenant abondantes (botrylle étoilé, hemigrapsus (un crabe)).  
 
De retour au camp, entre deux plongées, on discute ferme de ces observations entre nous et avec nos encadrants. On compare les notes, on complète ou corrige les observations avec la documentation.

La soirée s’ouvre avec un apéritif dont Yves a le secret, avant le souper et la reprise de discussions passionnées.

Dimanche matin, on a beau être sur place, le réveil reste réglé très tôt.
D’une part la marée … et la crainte de la fréquentation du site, commande l’heure de la plongée, d’autre part, une ballade d’observation ornitho fait désormais partie des traditions. Départ donc à 6h30 pour les plus braves avec une petite mise en jambe autour du camping : nous y verrons des chardonnerets élégants et entendrons le troglodyte mignon. Ensuite, direction Oesterdam où est prévue la plongée. Les étendues d’eau et d’herbes derrière le parking sont un endroit de rêve pour poursuivre nos observations : mouettes rieuses, avocettes élégantes, courlis, bécasseaux et chevaliers se succèdent devant les jumelles et les longues-vues. 
 

 
Botrylle étoilé – Anna Jacobapolder – 05/07/2008
Retour à la plongée, mise à l’eau pour 9h15. Comme la veille, les eaux sont limpides et c’est un véritable plaisir de reprendre nos observations d’algues, crustacés, tuniciers, éponges, … sous la surveillance rapprochée d’un banc de tacauds.

Retour au camping pour les scéances de debriefing. Le repas à peine avalé, on reprend par un exposé de leur stage par les niveaux 3, bientôt suivi du mot de clôture et de la photo de groupe qui fait partie de tout stage.
 
Merci à Yves, Valérie, Jean, Alain, Philippe, Guy, Jo … pour leur gentillesse, leur patience et les nombreuses explications fournies… et rendez-vous pour le prochain stage ; « Zélande » en août, « eau douce » à Vodelée en septembre, océanographie début 2009, …

 
 
 
Pierre Marlière
GRASM Lessines